La provence Jausiers le 15/11/2011
Ce soir la lune rêve
Un
spectacle-concert de l'association rue du planet, programmé par
le
Conseil Général, a récemment été proposé à la
salle des fêtes. Si la
chanteuse de jazz Ella Fitzgerald avait pu rencontrer le poète
Charles Baudelaire, cela aurait peut-être donné "ce
soir la lune
rêve". Mais c'est en fait la rencontre de trois musiciens,
d'horizons
tout à fait différents, qui a permis cette belle réussite
: Sylviane
Gentil, chanteuse lyrique, Alain Picart, guitariste de rock et
Eric
Le Cardinal, contrebassiste de jazz.
Leur amour commun de la poésie les a fait revisiter les poésies
de
Baudelaire en les mettant en musique. Le résultat est étonnant.
De
l'enchantement et du bonheur grâce à la superbe
voix de Sylviane
Gentil et au côté parfois indéfinissable de
cette musique un peu
magique qui vous emporte sur des airs jazzys, tantôt bossa-nova,
tantôt manouches, tantôt jazz pur. De ce spectacle,
elle aime dire
qu'il est "comme un serpent qui danse et n'a de cesse d'évoluer
dans
tous les sens"...
un peu comme elle !
Beaucoup d'enfants étaient venus accompagnés de leurs
parents. Une
petite fille témoignait : "elle fait un peu comme de
la magie avec sa
belle voix... j'ai vu qu'elle avait les chaussures de Mary Poppins!".
Joli compliment n'est-ce pas ?
Danièle Bourcelot
Article paru dans Haute Provence Info
Baudelaire au pays du jazz
Le dessin d'associer les mots et les maux de Baudelaire à de
la musique jazz semble relever de la plus pure utopie. Mots des
Baudelaire et jazz d'accord, cela peut-il se faire ?
Quand des talents, une voix, une guitare, une contrebasse s'allient
à des images, des sons, la gageure devient une belle réalité.
la surprenante union du jazz et
des mots
A l'initiative d'Esparron Musique, le monde poétique de Charles
Baudelaire et l'univers du jazz ont embarqué pour un long voyage
au cours duquel ils ont entrepris de s'observer, de se charmer,
de s'unir pour ne plus faire qu'un.
Etonnante, surprenante, cette union a pris, grâce à Sylviane
Gentil, Alain Picart et Eric Le Cardinal, des allures d'enchantement.
Sur des musiques dont la plupart étaient des compositions des
interprètes, des extraits des Fleurs du mal ont transporté le
public loin des rivages du lac.
Accents sud-américains ou coloration rappelant parfois le jazz
manouche sont véritablement entrés en communion avec la voix
de Sylviane Gentil, à moins que ce ne soit le contraire. Cette
harmonie, voire cette complicité, ne doivent rien au hasard.
L'improvisation est le propre des musiciens et interprètes de
la musique jazz pour laquelle ils composent ou arrangent avec
bonheur. Classique et lyrique, dans un autre registre, la voix
parfaitement placée de Sylviane Gentil, rompue notamment aux
standards d'Ella Fitzgerald, est capable de variations extrêmes,
sans cesse transportée, soulignée par la musique.
Ce concert qui n'aurait pu être qu'une suite poétique d'interprétations
était de surcroît éclairé par une mise en scène dont on peut
imaginer qu'elle n'était pas improvisée. Dans la pénombre, projections
d'images, effets d'écho, jeux de lumières se sont succédé conférant
une touche immatérielle accrue à une interprète accompagnée de
sa seule guitare ou aux deux musiciens résolument complices.
Drapée de blanc, à l'instant d'accoster, à l'issue du voyage,
Sylviane Gentil a ajouté au rêve, à la poésie, au bonheur d'avoir
vogué sur les mots de Baudelaire "enjazzés". D.B.